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  • Didier Steimer

LE GUERRIER SPIRITUEL

Dernière mise à jour : 5 janv.

Je viens aujourd’hui vous livrer une vision du guerrier spirituel à la lumière des mythes et des symboles.

Comme bien d’autres garçons, plus jeune j’étais fasciné par les films de karaté, de guerre, de samouraïs, de justicier, les arts martiaux… et tout ce qui en approchait de près ou de loin.

A l’époque, ce regard d’enfant ne s’arrêtait qu’à la surface des choses. Le guerrier justicier qui défendait la veuve et l’orphelin avait recours à une forme de violence légitime pour s’accomplir.

Je cessa d’ailleurs de pratiquer le judo après 10 années, ne retrouvant pas suffisamment les valeurs spirituelles qu’un art martial était censé transmettre. Le Bushido, code moral des samouraïs ne m’étais pas encore familier à l’époque.

Ce n’est que bien plus tard, et donc il n’y a pas très longtemps, que mon bagage ésotérique m’offrit une autre lecture, bien plus profonde et passionnante .

Qu’est aujourd’hui devenu le guerrier spirituel ? En ces temps incertains, la voie du guerrier est plus que jamais d’actualité.

Faisons un petit détour par l’astrologie pour nous intéresser à Mars, dieu de la guerre.

Son symbole ne fut pas toujours celui qu’on lui connaît.




En effet, son glyphe initial correspondait au symbole de Vénus inversé.






La croix des éléments, représentant ainsi la matière, domine le cercle solaire, qui lui fait référence à l’esprit. Raison pour laquelle Mars est considéré comme (petite) maléfique, son symbole relatant la matière dominant l’esprit (une interprétation similaire est valable pour Saturne, la « grande maléfique »).

C’est ainsi que la planète de l’action et de nos agissements tend naturellement à nous stimuler, par la matière ! L’argent, les biens matériels, autant de sources de jouissance diverses et variées qui en motivent plus d’un ici bas.

L’essence du guerrier est d’emblée présente parmi les trois fonctions tripartites indo-européennes établies par Georges Dumézil, aux côtés de la souveraine et de la productive. Elle recouvre les aspects de force physique, de courage, d’action, d’intelligence au combat et d’« esprit chevaleresque ». Elle correspond aux divinités liées à la force physique (Arès) d’une part, au commandement, à la victoire et à la sagesse d’autre part (Athéna).

Depuis la nuit des temps, quand ce n’est pas au nom de leur Dieu, les peuples se font la guerre pour des bénéfices terrestres, des territoires, des richesses, des ressources stratégiques…

Une des analogies de Mars est le canal, son glyphe moderne annonce une direction. Il creuse des sillons, à l’image des vaisseaux sanguins, mais aussi d’Hercule qui creusait des canaux.

La fonction martienne essentielle dans le mythe du guerrier est donc de canaliser. Canaliser l’énergie pour changer d’état de conscience, transmuter, percer le voile, s’éveiller.

En astrologie, Mars est l’agent de dynamisation, celui qui fait entrer en mouvement, le bon soldat qui sert le Roi, pour atteindre le Soleil du Soi.

Ce fameux et ancestral mythe de la guerre ne concerne donc pas que la conquête de nouveaux territoires, le rétablissement d’un honneur bafoué, la bataille faisant rage aussi et surtout en nous-même, où les adversaires les plus coriaces nous attendent pour en découdre.

Pour remporter cette guerre psychique, cette discorde qui tente régulièrement de semer le trouble, le conflit et le chaos en nous, il faudra d’abord parvenir à restaurer la paix intérieure par un apprentissage patient de la maîtrise.

Le maître n’est pas seulement maître parce qu’il initie et transmet un savoir, un art. Il l’est également parce qu’il est capable de maîtrise, et sait l’enseigner à son disciple. On pourra pareillement rajouter que le disciple est discipliné au sens de canalisé. D’ailleurs, c’est également le terme utilisé pour décrire la médium, le mage, le sorcier ou le guerrier spirituel, qui est canal.

Les entraves pour nous empêcher de parvenir à la maîtrise sont légions : les passions, les addictions, les ressentiments de tout ordre, le jugement, le doute… chaque blessure ou racine de souffrance est susceptible de nous égarer en nous dissuadant d’agir avec justesse. Toutes les excuses sont bonnes pour remettre à plus tard les bonnes intentions qui avaient commencé de nous animer.

Le guerrier spirituel est celui qui ne se détourne pas de ses tâches quotidiennes. Il est chaque jour capable de poser des actes, petits ou grands, signifiants ou paraissant plus anecdotiques, patiemment et sans attente envers leurs fruits.

Comme l’enseigne la Bhagavad Gita, l’acte le plus puissant est désintéressé. C’est ainsi que Mars sanguin se sublime, lui qui est si prompt à la colère, à la frustration, à l’envie, au désir, à l’avidité…. Pour devenir sans gain.

Le guerrier spirituel est celui capable de servir ses idéaux, ses valeurs, ses hautes aspirations. Ses Dieux et ses déesses….

Courageux et humble, il arpente avec patience et persévérance le chemin, la voie qui est la sienne.

Étymologiquement, le courage vient du cœur. Cette vertu lui est essentielle, tout comme pour le Héros ou le chevalier, qui à mes yeux sont cousins.

Leur dénominateur commun est de partir en quête, de trouver et conquérir ce qui leur fait défaut. Même si la forme peut différer, le fond reste identique.

Qu’il s’agisse de rétablir justice, laver un honneur ou délivrer la princesse des griffes d’un dragon…

Je devine certains sourires au fond de la salle, mais ne vous y méprenez pas : la lecture symbolique nous éclaire jusque dans les contes de notre enfance, narrant ainsi la nécessité de délivrer l’âme de ses peurs les plus ténébreuses.

Plus haut nous évoquions, la force comme qualité essentielle du héros.

Être fort signifie avoir équilibré et harmonisé les 4 éléments (des écoles de la Grèce antique) en soi. Feu (F), Eau(O), Air (R), Terre (T).

Alors les quatre éléments fondamentaux naturels peuvent s’exprimer librement et interagir de manière fluide et harmonieuse : l’idéalisme du feu transforme, la sensibilité de l’eau regarde, la curiosité de l’air communique, la stabilité de la terre soutient. Le feu prend un place de choix dans cette croix élémentaire, guidant et animant le guerrier, le héros, dans la matière de l’incarnation, afin de manifester un idéal, par-delà les épreuves barrant son chemin.

Telle est la différence entre celui qui est fort et celui qui est mort.

Être spirituellement mort indique que ce feu sacré, capable de transmuter, est réduit et manque dangereusement à la conscience.

La force, associée à son pendant féminin, représentée par Athéna, l’intelligence du féminin, permettant de cueillir Kairos en posant l’action juste au moment opportun.

Agir, en associant le féminin au masculin, le corps à l’esprit, la force à la douceur, sans considération pour le fruit de son acte.

Canaliser ces nobles aspirations pour les concrétiser sans condition dans la matière, jour après jour, tel est l’apanage du guerrier spirituel, se battant inlassablement pour défendre son idéal sacré, le rendant inoxydable malgré l’épreuve du temps.



Didier




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